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J e a n - P i e r r e J o b i n |
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| Issu d'une famille d'horlogers, Jean-Pierre Jobin obtient en 1966 le diplôme d'ingénieur civil de l'École polytechnique fédérale de Lausanne. |
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Voici quelques questions auxquelles M. Jobin a répondu lors d'une entrevue:
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Comment êtes-vous devenu ingénieur civil ? J'ai fait mes études secondaires à l'Ecole cantonale de Porrentruy et, à 16 ans, j'ai choisi d'entrer dans la section littéraire. Pourquoi me suis-je dirigé là plutôt qu'en scientifique ? Parce que l'option littéraire donnait accès à tout. En revanche, j'ai traîné le latin comme un boulet! Il n'était donc pas question de poursuivre des études classiques. Comme je ne voulais pas non plus choisir une branche d'études à caractère purement scientifique mathématiques ou physique j'ai opté pour le génie civil qui est plus concret. Aviez-vous une idée de ce qu'était le métier d'ingénieur civil ? Pas très précise. Je savais seulement, par des connaissances qui travaillaient dans la branche, que la formation en génie civil était très variée ; qu'on y abordait bien entendu le domaine de la construction mais aussi celui des transports, de l'énergie Bon, il y avait encore le côté nature et chantier du métier qui m'attirait. Comment se sont déroulées vos études ? J'ai choisi Lausanne parce que je n'avais que de vagues notions d'allemand. A vrai dire, les débuts ont été difficiles. Sortant d'une section littéraire, j'ai eu beaucoup de peine à suivre les cours de mathématiques et de géométrie. J'ai même dû refaire ma première année et mon premier propédeutique. Cet obstacle franchi, tout est allé beaucoup mieux. Après les deux premières années les cours deviennent plus concrets et pratiques. On aborde les matières spécifiques au génie civil. J'étais à l'aise et j'ai réussi mon diplôme. Avez-vous fait de nombreux stages pendant vos études ? J'en ai fait chaque été. J'ai notamment travaillé pendant deux mois pour les CFF à la construction de la gare de triage de Denges et, également pendant deux mois, sur le barrage de Mattmark en Valais. Vos études terminées, avez-vous eu de la difficulté à trouvé un emploi dans un grand bureau ? Aucune à l'époque. J'ai très rapidement trouvé un emploi à Bâle. A Bâle parce que je voulais me rapprocher du Jura et apprendre tout de même l'allemand qui est indispensable si l'on veut réussir quelque chose en Suisse. J'ai donc trouvé un emploi dans un grand bureau d'ingénieurs. Je me suis occupé pendant neuf mois de la conception d'ouvrages pour le gazoduc reliant l'Allemagne du Nord au Plateau suisse. En quoi consiste la conception d'ouvrages pour un gazoduc ? La mise en place d'un gazoduc ne pose en général pas de gros problèmes. Il suffit de creuser une tranchée d'une certaine profondeur et d'y poser des canalisations. Cela devient un peu plus compliqué quand il faut traverser une route, une voie d'eau, une voie de chemin de fer. En bref, il faut prévoir des ouvrages qui montent, descendent, calculer les effets de la dilatation Quelles ont été vos fonctions pendant ces neuf mois ? Je m'occupais de tout. Mon travail allait de la conception des ouvrages, en passant par la réalisation des esquisses, jusqu'à la surveillance des travaux. C'était intéressant comme première expérience mais le cadre de travail ne me satisfaisait pas. Dans un grand bureau, on ne s'occupe pas de vous, l'encadrement n'est pas suffisamment bon et c'est un mauvais début pour un jeune ingénieur car il faut bien admettre qu'on ne sait pas faire grand-chose au sortir de l'école. Vous quittez ensuite ce grand bureau pour un petit bureau. Un petit bureau spécialisé en structures du bâtiment. Alors là, pendant deux ans et demi j'ai fait du calcul d'immeubles. J'ai établi des avant-projets, fait des calculs de résistance des matériaux pour des poutres, des dalles, des fondations, des piliers calculé des métrés, établi des devis et visité des chantiers. Par la suite, et c'était ma troisième expérience professionnelle, j'ai travaillé sur des chantiers à la construction de ponts et tunnels pour une entreprise bâloise. J'ai ainsi participé à la réalisation du passage inférieur situé à proximité du Stade Saint-Jacques à Bâle. Cet emploi était différent des précédents. Il fallait résoudre les problèmes concrets qui se posent quotidiennement lors de la conduite de chantiers : répartition des équipes de travail, alimentation du chantier en matériaux, gestion de personnel, calculs de rentabilité, respect des devis, contrôles de sécurité, contacts avec les clients, etc. Lequel de ces trois emplois avez-vous préféré ? Incontestablement, le troisième. Je retrouvais là ce que j'avais découvert et aimé pendant mes stages : un travail d'équipe sur un chantier avec énormément de contacts humains. Quelle opportunité vous a mené à l'Aéroport International de Genève ?
Il y avait quelque temps déjà que je voulais revenir en Suisse romande. L'Aéroport International de Genève-Cointrin avait mis au concours un poste d'ingénieur pour son service du génie civil. J'ai été choisi, parmi les quatre ou cinq candidats qui se sont présentés ; à mon avis, parce que j'avais une assez bonne expérience professionnelle compte tenu de mon âge. Quelles sont les activités du service de génie civil de l'Aéroport International de Genève ? Le rôle du service est de créer, entretenir et adapter les pistes et les aires de trafic nécessaires au bon fonctionnement de l'Aéroport International de Genève. Bien entendu, un petit service comme le nôtre ne peut pas tout faire nous étions une douzaine de personnes à l'époque. Nous pouvons assumer une activité de conception et de surveillance pour de petits travaux tels que la création d'un chemin, la pose d'un dallage, la réfection d'une canalisation. Dans ces cas, c'est nous qui réalisons les études de détail, qui établissons les métrés, qui calculons les devis et qui surveillons l'exécution des travaux. Quant aux grands travaux nécessitant de gros investissements et des moyens techniques importants (par exemple la création de la nouvelle plate-forme de circulation), ils sont confiés à un mandataire, en général un bureau d'ingénieurs de la place qui effectue les études, lance les appels d'offres et surveille l'exécution des travaux en tenant compte des conditions d'exploitation de l'aéroport. Jusqu'à quand avez-vous travaillé dans ce service ? J'y ai occupé un poste de collaborateur jusqu'en 1972, puis j'ai succédé à mon chef direct qui partait à la retraite. Mais voilà, les circonstances de la vie et le hasard ont fait que, pendant l'été de la même année, le directeur de l'aéroport (qui l'était depuis 1932 !) a aussi pris sa retraite. Son successeur a créé de nouvelles structures et mis en place trois secteurs : aéronautique, technique, administratif. J'ai hérité du secteur aéronautique dont je suis devenu responsable début 1973. Le secteur aéronautique, c'est quoi ? Trois services et une centaine de personnes qui se répartissent les activités suivantes : contrôle de la circulation des avions au sol, relations avec les compagnies aériennes (une quarantaine de compagnies assurent des liaisons régulières au départ et à destination de Genève), planification de l'aéroport et prévisions du trafic. Ces trois services coiffaient l'activité d'exploitation de l'aéroport. Comment se fait-il qu'un ingénieur civil, apparemment peu préparé à ce genre d'exercice, puisse occuper de telles responsabilités ? Il y avait déjà quatre ans que j'étais à l'aéroport. Je le connaissais donc bien et me suis intéressé très vite à tout ce qui touchait au domaine de l'aviation civile. J'avais de plus une licence de pilote. Je n'ai donc pas été propulsé à ce poste du jour au lendemain et sans préparation. Et puis, je crois que le génie civil est une bonne préparation pour ce type d'emploi, car en Suisse il n'y a pas, comme c'est le cas par exemple en France, d'école d'aviation civile. Les ingénieurs civils ont une formation très complète qui leur permet de s'adapter à presque toutes les situations, ce qui est très appréciable sur un aéroport. D'accord, mais finalement n'avez-vous pas abandonné le génie civil ? C'est une option individuelle. Je l'ai quitté sans trop de regrets parce que je n'avais pas envie de passer ma vie à calculer des fers à béton. Je ne suis pas un fanatique du calcul et de la planche à dessin. Ma carrière a donc évolué normalement vers des activités de gestion. En fait, ce que je fais correspond à peu près à ce que fait le propriétaire d'un bureau d'ingénieurs. Concrètement, quotidiennement, quelles sont aujourd'hui vos activités ?
J'ai accédé en 1993 à la fonction de directeur général et l'Aéroport a lui-même changé de statut et est devenu, depuis 1994, un établissement public autonome. Ces changements importants ont constitué autant de nouveaux défis que j'ai relevés avec enthousiasme. Mes activités quotidiennes se répartissent entre des fonctions de représentation et de promotion, des tâches de gestion courante et de planification à moyen et long termes. L'Aéroport International de Genève emploi 500 collaboratrices et collaborateurs et exploite la plate-forme aéroportuaire où 6000 personnes sont en outre employées par 150 instances et sociétés distinctes établies sur le site. L'Aéroport International de Genève est une infrastructure destinée à offrir aux compagnies aériennes les meilleures conditions afin de satisfaire les attentes en matière de transport aérien des passagers et des marchandises de toute la région qu'il dessert, à savoir la Suisse romande et la France voisine. |
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source (article et entretien): Etudes et carrières Revue d'information professionnelle universitaires, Service d'orientation OOFP, Genève, 1983 Photographies, remarques et notes complémentaires au premier texte préparées par M. Jobin (juillet 1999). Photographe: Markus Senn, Fribourg. |
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© SGC - 11 janvier 2007 ... |
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