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Les Ingénieurs des ponts de Zaehringen

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Page des Ponts

Le pont de Zaehringen

 

Comme pour le pont de Pérolles, Richard Coray s'est occupé des cintres en bois soutenant le béton lors de sa prise.

Richard Coray

(1869-1946)

Z_corey.jpg (7880 octets)" Richard Coray est un de ces hommes que le sens pratique a rendus aptes à sortir de n’importe quelle situation. Grand bien bâtit, costaud mais peu causant, il savait donner l’exemple. Sans aucune peur du vide, il réalisa de véritables exploits pour résoudre sur-le-champ des incidents imprévus ou des problèmes difficiles, si bien que très vite de véritables légendes ont circulé sur son compte. Un diable d’homme !

Né en 1869 à Trin, dans les Grisons, il y fréquenta l’école communale. Puis il abandonna rapidement un début d’apprentissage de commerce, peu fait pour lui, pour devenir charpentier, mais aussi menuisier. C’est chez les sapeurs qu’il accomplit son école de recrues. Il compléta ensuite sa formation au Technicum de Winterthour. Comme il manquait les semestres d’été pour gagner sa vie, il devait mettre les bouchées doubles en hivers afin de combler ses lacunes. Homme du bois et des bois, devrait-on dire de lui. Non seulement il créa son entreprise de charpente, réalisa les cintres de la plupart des grands ponts du début du siècle aux Grison, spécialement pour les chemins de fer, mais il s’occupa aussi de débardage et de transport de bois au moyen de téléférages de son invention dans les forêts dévastées par des ouragans.

Richard Coray collabora avec des ingénieurs de renom : Robert Maillart, Alexandre Sarasin, Hans Studer. Des Grisons et de la Suisse alémanique, il élargit bientôt son champ d’action vers la Romandie et l’étranger.

A Fribourg, il construisit les cintres du pont de Pérolles (1921), puis du pont de Zaehringen (1922-1923). A Genève, il participa à la réalisation du pont Butin (1923-1926), à Vallorbe au viaduc du Day (1925) et sur les gorges du Trient au pont de Gueuroz (1931) jeté à 192 m au dessus du torrent. Son dernier ouvrage fut le pont de Tara, en Yougoslavie, en 1938-1940. "

 

 

 

Joseph Chaley

(1795 - 1861)

Z_chaley.jpg (7673 octets)"Qui était Joseph Chaley, l'audacieux constructeur du Grand Pont Suspendu ? Son existence mouvementée fait apparaître un homme intrépide, aventureux, sorte de "self-made-man" de son temps. Il naît à.Ceyzérieu dans l'Ain en 1795 d'un père notaire, au sein d'une famille de six enfants. Dès l'âge de 17 ans, il s'engage dans les gardes d'honneur de Napoléon et participe aux malheureuses campagnes de 1813 et 1814. Après le Retour de l'île d'Elbe, il s'engage à nouveau et se retrouve dans le dernier carré sur le champ de bataille de Waterloo. A 20 ans, fin de la carrière des armes: blessé, il fait un long séjour dans les hôpitaux militaires. Il croit avoir trouvé là sa vocation, fait des études, s'oriente vers la chirurgie et ouvrira même
  clinique à Lyon. Le voilà casé ? Non, pas du tout. Il change d'orientation. La nouveauté des ponts suspendus l'attire et il s'associe avec l'ingénieur Seguin et construit avec lui les ponts de Beaucaire et de Chaset sur le Rhône. t1ais déjà, il se sépare de son maître pour se lancer seul dans ses entreprises. En 1830, il débarque à Fribourg et présente son projet de pont. Bien qu'en concurrence avec le colonel Dufour, le futur vainqueur du Sonderbund, il emporte le morceau. Ce contrat lui en amène d'autres et assure sa célébrité. Il construira en peu d'années, de 1832 à 1840, les ponts suspendus de Fribourg, de Corbières et du Gottéron. Entre-temps, il s'est solidement installé dans la respectabilité. Il est membre de la garde nationale de Lyon avec le grade de lieutenant-colonel, commandant d'artillerie. Il a fait un beau mariage. Son épouse est la fille unique de Léon Champagneux et d'Eudora Roland, elle fille de la célèbre Madame Roland et lui, fils d'un ami de J.-J. Rousseau, témoin du mariage tardif de ce dernier... Joseph Chaley s'établira au Château de Rosière près de Bourgoin, domaine de sa belle-famille. Ce solide embourgeoisement ne le freine pas dans ses activités. Une catastrophe, l'effondrement à Angers d'un pont suspendu, freine-t-elle la construction de ce type de ponts, aussitôt notre ingénieur se tourne vers les travaux portuaires. On le retrouve à la Joliette à Marseille en 1848 puis à Tunis, où il mourra en 1861, emporté par le choléra.
Cet homme entreprenant nous a laissé son rapport sur la construction du Pont suspendu de Fribourg, paru en 1839 sous forme de "notice" à Paris chez Carilian-Goeury et Victor Dalmont. Ce document nous le montre sous le double visage d'un financier audacieux et d'un technicien méthodique et consciencieux. S'il prend les risques de dépassement non compris dans le contrat initial, il en est déjà dédommagé par un droit de péage exclusif qui lui reviendra jusqu'en 1855. Sur le chantier, il ne craint pas de s'exposer, il paye de sa personne et partage les risques des ouvriers aux points les plus exposés. Aussi, ce n'est pas sans fierté qu'il conclut ainsi son rapport :
"Il (Chaley) emporte. ..avec lui la vive satisfaction de n'avoir point perdu un seul homme dans ce travail dangereux, et de n'avoir même pas à déplorer aucun grave accident, circonstance, on peut le dire, si rare dans l'histoire de tout ouvrage aussi important et aussi hasardeux."