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On peut descendre sur la rive gauche au bord de l’eau en suivant le parcours mesuré en amont du pont puis longer la berge, passer sous le pont et remonter par des escaliers métalliques en aval du pont pour voir ce magnifique ouvrage sous différents angles et points de détail.

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Robert Maillart est né en 1872. A l’âge de 17 ans il veut entrer à l’École Polytechnique Fédérale de Zurich (ETH), mais pour cela il faut avoir 18 ans. C’est pourquoi Maillart s'inscrit pour une année à l’école d’horlogerie à Genève. Enfin à l’ETH, il est influencé par Gottfried Semper (professeur d'architecture) et Carl Culmann qui a trouvé que les calculs statiques pouvaient être faits graphiquement. C’est ainsi que Maillart apprend que les formes des ouvrages doivent suivre les diagrammes des forces.

Quand Maillart a démarré avec sa propre entreprise en 1902, il réalise qu'il ne peut vivre en construisant uniquement des ponts. Seulement onze des 74 œuvres conçues entre 1902 et 1913 sont des ponts. Maillart se rend compte que le béton armé a de grandes capacités portantes et une bonne résistance contre le feu. Ce nouveau matériau pouvait également être utilisé pour des réservoirs à gaz et à eau, des tubes, des cheminées, poteaux électriques et fondations

Les idées de Maillart concernant la conception structurale se résument ainsi : la théorie est dangereuse, les normes sont trop restrictives, les essais " grandeur nature " sont décisifs et la sécurité peut être garantie. Ces idées lui permettent de développer son système le plus important à ce jour : les dalles champignons. Ce système améliore ses affaires et lui permet de survivre après la crise de 1920.

Il construit le plus célèbre de ses ponts, le " Salginatobelbrücke " aux Grisons en 1929, et le pont sur l’Arve à Vessy en 1936.

Malgré ces chefs d’œuvre Maillart est assez peu connu quand il meurt en 1940.

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Robert Maillart est connu pour une caractéristique typique de conception, qui est l’arc à trois articulations. En effet un arc sans articulation se fissure quand il y a, par exemple, un tassement des fondations, par contre un arc avec articulations permet de petites rotations.

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Le pont sur l’Arve a une portée de 56 m. Au quart de la portée, la section est plus massive, ce qui permet d’amincir encore plus le fronton et de rendre un aspect léger. L’angle très plat formé par les deux arcs de cercle donne un aspect d’arc brisé de style gothique.

Le pont est fabriqué en béton et prend la forme d’un arc à trois articulations avec triple caissons parallèles profilés en U. Pour ce pont, Maillart intègre des parois transversales en forme de X entre le tablier et l’arc.

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L’économie des moyens alliée à un profil mince de l’arc franchissant la rivière en une seule fois assure en outre à cet ouvrage de génie civil une élégance simple et une insertion harmonieuse dans la topographie du paysage fluviale. Il est entièrement en béton et aucune décoration superflue ne dénature son aspect. C'est seulement aujourd'hui que l'esthétique de ce pont est reconnue comme telle.

Et pourtant Maillart jusqu’à sa mort est resté fidèle à son principe de toujours choisir la plus esthétique de toutes les formes rationnelles possibles.

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La solution techniquement intéressante du pont conçu comme monolithe à 3 articulations et triple caissons parallèles constitue, dans un contexte d’abondance de main d’œuvre et du prix relativement élevé du matériau, aussi une réponse financièrement avantageuse.

En effet, le coût de cet ouvrage fut de 76'000.- (1936),c’est à dire environ 100.- par mètre carré ce qui contrastait passablement avec le coût usuel d’un pont à cette époque en Suisse qui était de 450.- à 700.- par mètre carré.

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