Les idées de Robert Maillart sur

 


                   

 

 

Sur la conception 

Quand il dessinait un pont, Robert Maillart avait principalement deux soucis. D’une part, les ponts étant des ouvrages destinés à la communauté et payés par elle, il fallait que leur construction soit économique au possible.

D’autre part, ils devaient être élégants. Ce qui est fascinant avec la façon de raisonner de Maillart c’est que l’un et l’autre étaient indissociables.

En effet, comme il a déjà été mentionné, il défendait la nécessité de considérer les différentes parties d’un ouvrage (pour un pont arc : le tablier, les murs ou colonnes reliant le tablier à l’arc, et l’arc) comme un tout solidaire (et pas simplement comme un tablier posé sur un arc), l’idéal étant d’arriver à une utilisation optimale de la matière ce qui permet de diminuer les dimensions et donc d’une part de faire des économies, et d’autre part d’avoir des ouvrages plus fins et élégants. Et pour différentes raisons, Maillart croyait profondément que le béton était le meilleur matériau :

- on pouvait le fabriquer avec des matériaux provenant de la région où on construisait, ce qui limitait les frais de transport et faisait marcher l’économie locale alors que l’acier venait souvent de plus loin ;

- il demandait moins d’entretien que l’acier ;

- il pouvait être façonner à volonté, prendre toutes les formes ;

et d’ailleurs, sur ce point, on sent chez Maillart une certaine fascination. En relisant la citation se trouvant au bas de la page 4 (citation de l’article paru dans le Schweizeriche Bauzeitung du 1er janvier 1938), on a l’impression que Maillart considérait presque le béton comme vivant : " matière coulée dans des moules, […], dont les formes particulières,[…], pourraient nous apprendre bien des choses… ".

La formation de Maillart avait été axée sur les graphiques et sur le dessin plus que sur les équations et autres formules (bien que Maillart fut excellent en mathématiques), ce qui avait stimulé son intérêt pour les formes et l’esthétique, et c’est sans doute pour cela que Maillart appréhendait la conception d’un pont en premier lieu par sa forme, parce que la fluidité des formes assurerait une bonne transmission des efforts à travers les éléments de la structure, et cette fluidité, cette liberté de forme, seul le béton pouvait les lui donner.

Donc dans la pensée de Maillart, les mots élégance, économies et béton armé étaient liés.

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Sur le calcul du béton armé 

(cf.  :articles " le calcul du béton armé " par Robert Maillart, tiré de Schweizeriche Bauzeitung du 1er janvier 1938 ; et article " l’ingénieur et les autorités " par Robert Maillart, tiré de Vie, art et cité de janvier/fevrier 1940)

Maillart considérait que les essais sur modèles ainsi que les mesures sur les constructions existantes étaient d’une grande importance pour déterminer le comportement réel du béton armé car les méthodes existantes se basaient d’une part sur la loi de Hooke, qui suppose un module d’élasticité constant alors que celui ci peut changer, et d’autre part sur des contraintes admissibles, sensées représenter " une fraction de la résistance du béton,[…], correspondant au degré de sécurité " alors que la rupture n’intervient " généralement pas pour un multiple déterminé des tensions admissibles ".

De plus, il critiquait fortement les normes et les autorités qui, selon lui, déresponsabilisent les ingénieurs en leur imposant des limites d’utilisation générales des matériaux alors qu’il faudrait déterminer ces limites de cas en cas par des essais. Ceci entrave considérablement l’imagination des ingénieurs et retarde les innovations.

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