Une fois un ouvrage construit, sa maintenance est primordiale si lon veut prolonger sa durée dutilisation et justifier ainsi les investissements quil représente. Les premiers ponts de Maillart ont aujourdhui près de 100 ans, voir plus, ce qui est déjà considérable, et considérant le contexte dans lequel ils ont été construits, cest à dire alors que le béton armé nen était quà ses premiers pas, on peut se demander sils sont toujours en état daccomplir leur rôle, dautant plus que le trafic a augmenté. Les principaux facteurs pouvant affecter la durabilité dun béton sont la fissuration et la perméabilité car ils permettent aux agents agressifs présents dans leau et latmosphère dattaquer la structure et notamment les armatures. Depuis quelques décennies, la nécessité sest fait sentir de formuler des bétons adaptés à leur utilisation, et lon peut formuler des bétons durables en utilisant des granulats adéquats, en réduisant la quantité deau, en utilisant certains adjuvants (entraîneurs dair), et en effectuant une mise en place, une vibration et une cure soignées ; ceci afin de garantir au béton un retrait faible, une certaine compacité, et une bonne ouvrabilité. De plus, la durabilité peut être améliorée par une bonne conception structurale, en choisissant un système statique approprié (nempêchant pas le raccourcissement dû au retrait par exemple), en utilisant la technologie de la précontrainte, en disposant correctement une quantité suffisante darmature passive, en prévoyant un enrobage suffisant afin de protéger les armatures, et enfin en planifiant judicieusement les étapes de construction ; ceci afin de limiter louverture déventuelles fissures. Au début des années 1900, le béton nétait pas aussi bien connu quaujourdhui et les ouvrages de cette époque présentent des problèmes de durabilité, les ponts de Maillart ny faisant pas exception. Leurs principaux défauts sont :
La maintenance des ouvrages étant destinée à devenir la principale activité des ingénieurs, la diversité des méthodes se fait de plus en plus grande. On peut en cité quelques unes : protection des armatures :
protection de la surface du béton : (afin de limiter la teneur en eau)
reconstitution du béton :
Lautre problème qui se pose pour de vieux ponts est laccroissement du trafic et de la taille des véhicules. Ainsi, plusieurs ponts de Maillart ont été lobjet dun élargissement. Comme exemples dinterventions, on peut cité celles sur le pont sur lAar à Aarburg (1911) et sur le pont de Zuoz (1901) auxquelles le professeur R. Favre a participé, celle sur le pont sur la Thur à Felsegg (1933) et celle sur le pont sur la gorge de la Salgina (1930). Pour le pont sur lAar, des nids de graviers au pieds des colonnes reliant larc au tablier avaient permis aux agents agressifs dattaquer les armature ; le tablier du pont a dû être démoli pour permettre denlever ces colonnes et larc a été renforcé. Laspect du pont est aujourdhui totalement différent (voir photos). Le pont de Zuoz a été élargi. Etant donné cette intervention, le tablier a été entièrement démoli puis rebétonné afin déviter des problèmes ultérieurs. On a également profité de cette occasion pour protéger larc avec une couche de béton projeté. Le pont sur la Thur a été protégé par un enduit.
pont avant et après la restauration (Photos Gardel : IBAP) Pour le pont sur la gorge de la Salgina, le béton de surface à été remplacé sur tout le pont.
|