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Cest en décembre 1988 que lautoroute A9 est arrivée aux portes de Sion. Pour poursuivre son cheminement le long du Rhône en direction du Haut - Valais, lautoroute du Rhône devait contourner la capitale valaisanne. Il sagissait dès lors denjamber le fleuve aux abords de la zone industrielle située au Sud de la ville. Ce passage délicat a été franchi avec élégance à laide du pont Haubané de Chandoline.
Cet ouvrage dart est mis en évidence sur la carte suivante :
Dune longueur totale de 284 mètres, ce pont est composé dune travée principale de 140 mètres reliant les deux pylônes et de deux travées de rive mesurant chacune 72 mètres. Le tablier de 27 mètres de largeur et dune hauteur de 2.5 mètres est suspendu par 58 haubans aux mâts mesurant une trentaine de mètres. La largeur considérable de la chaussée (27m.) a imposé une conception originale : un caisson central de 6 mètres forme une véritable épine dorsale du pont à laquelle viennent se rattacher des béquilles de forme triangulaire elles-mêmes prolongées par des porte-à-faux de 3.8 mètres.
Pour respecter lune des contraintes fixées lors du concours (limitation du nombre de piles dans le Rhône), seules deux piles ont été construites. De forme quasi cylindrique, elles ont à leur base un diamètre de 3.60 mètres et sélargissent en tête pour recevoir larticulation en béton armé sur laquelle agissent les charges provenant des mâts.
- KBM, bureau dingénieurs civils SA, Sion - de Torrenté et Pellissier, Sion- Collaborateur : Christian Menn EPFZ
Afin de pouvoir travailler au sec lors de la construction des piles, deux enceintes ont été construites au moyen de parois moulées autour de ces piles. Ces dernières sont fondées sur des semelles de 3.8 mètres dépaisseur et de 11.4 mètres de diamètre.
La construction du tablier seffectue en quatre phases : La première consiste à construire le caisson central par encorbellement par étapes successives de 6 mètres. La deuxième étape est la pose des béquilles triangulées par encorbellement latéral. Les troisième et quatrième phases consistent à réaliser les porte-à-faux latéraux de 3.8 mètres chacun ainsi que les bordures extérieures mesurant 0.7 mètres. La construction par encorbellements successifs consiste dans un premier temps à construire les caissons de départ sur les piles. Par la suite, les autres caissons sont ajoutés et liés aux précédents, par étapes à laide dun chariot métallique mobile. Ce chariot savance en porte-à-faux en prenant appui sur les caissons déjà fixés aux mâts par les haubans. Afin de ne pas impliquer de trop grands déséquilibres dans la pile, on procède par symétrie en ajoutant en même temps des caissons de chaque côté du mât. Parallèlement à la construction de ce tablier, les pylônes sont érigés par étapes régulières de 1.8 mètres. Ces mâts sont constitués dune charpente métallique intérieure et de béton armé. Leur construction se fait par étapes, selon la progression de lencorbellement. Les haubans sont fixés au fur et à mesure de lavancement des travaux aux caissons centraux et aux pylônes. Les haubans dune étape sont dabord mis en tension à environ 50 % de la force de service définitive. Afin de ne pas créer de déséquilibre des efforts lors de la mise en tension, on procède par palier en tirant alternativement les câbles de la travée de rive et ceux de la travée centrale. Enfin, après la mise en tension définitive, on injecte du coulis de ciment dans les gaines afin de protéger les câbles de précontrainte contre la corrosion.
Lesthétique et lintégration au site ont joué une part importante dans le choix effectué par le jury. Voici un extrait du rapport de ce jury concernant lesthétique de louvrage qui résume bien limpression qui prédomine lorsque lon regarde ce pont haubané : "L'ouvrage, quoique transparent, s'impose comme un élément dominant du site par l'effet de verticalité créé par les deux mâts dont l'amplitude est proportionnée au vide à franchir sur le Rhône. En limitant le pont au franchissement du plan d'eau, une impression d'harmonie et de cohérence se dégage de l'ensemble. La structure haubanée révèle le jeu des forces en présence en particulier par le double câblage épousant la forme du pont La forme perçue dans l'espace est suffisamment caractéristique pour évoquer la présence du fleuve, marquer ce qui fait passage entre le dehors et la ville, et conférer son identité à l'espace industriel qu'elle domine."
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